Coincé entre le Jura, la Savoie et la région lyonnaise, le Bugey est l'un des vignobles les plus confidentiels de l'est de la France. Pourtant, il ne manque ni de terroirs ni de savoir-faire. Alors pourquoi ses vins restent-ils si méconnus ? On t'explique, sans filtre.
En bref
- Environ 500 hectares aujourd'hui, contre plus de 7 000 vers 1870.
- Une AOC obtenue seulement en 2009, et une grande diversité de cépages difficile à résumer.
- Le Cerdon, pétillant star du vignoble, fait parfois oublier ses blancs et ses rouges.

Un tout petit vignoble
Aujourd'hui, le Bugey compte environ 500 hectares de vignes. Pour se représenter ce que cela signifie, c'est environ quatre fois moins que le vignoble savoyard, qui dépasse les 2 000 hectares, et près de 70 fois moins que la Bourgogne. Autant dire qu'à l'échelle du vignoble français, le Bugey joue dans une catégorie à part.
Une histoire qui explique beaucoup
Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. Vers 1870, le seul arrondissement de Belley comptait plus de 7 000 hectares de vignes. Le phylloxéra a ensuite ravagé le vignoble, et sa reconstruction a été particulièrement lente. Pendant des décennies, la viticulture a dû se refaire une place dans une région où les exploitations pratiquaient aussi la polyculture.
Il a fallu attendre 1958 pour une première reconnaissance en VDQS, puis 2009 pour obtenir l'AOC Bugey. À titre de comparaison, le Jura avait obtenu ses premières appellations d'origine dès 1936.
Un problème d'identité
Mais l'histoire n'explique pas tout. Le Bugey souffre aussi d'un problème d'identité, au sens commercial du terme. Le Jura a su se faire connaître grâce à des vins immédiatement identifiables : le vin jaune, le savagnin, le trousseau, le poulsard ou ses élevages sous voile. La Savoie possède elle aussi des cépages emblématiques, comme la jacquère, l'altesse et la mondeuse.
Le Bugey, lui, cultive une grande variété de cépages (chardonnay, altesse, mondeuse, gamay, pinot noir, poulsard…) et produit aussi bien des blancs et des rouges tranquilles que des effervescents. Cette diversité fait sa richesse, mais elle rend son identité plus difficile à résumer et à faire connaître.
Le cas du Cerdon
Il y a aussi le cas du Cerdon. Ce pétillant rosé fruité, élaboré selon la méthode ancestrale, représente une part importante de la production et constitue la spécialité la plus connue du vignoble. C'est une belle porte d'entrée, mais elle peut aussi réduire le Bugey, dans l'esprit du public, à un vin de fête ou d'apéritif, alors que le vignoble produit également des blancs et des rouges qui méritent d'être découverts.
Un vignoble morcelé
Enfin, le Bugey reste un vignoble morcelé, réparti entre plusieurs secteurs et des parcelles parfois isolées. Avec des volumes limités, une notoriété encore faible et une reconnaissance officielle relativement récente, il dispose de moins de moyens pour s'imposer sur les marchés et dans l'imaginaire des amateurs.
Le Bugey n'a pas manqué de terroirs ni de savoir-faire : il a surtout perdu une grande partie de son vignoble, puis dû reconstruire sa place sans parvenir à imposer une identité aussi forte que ses voisins.
C'est justement ce qui en fait un terrain de jeu passionnant pour les amateurs de vins naturels, avec une nouvelle génération de vignerons qui le remet en lumière. Découvre nos vins naturels du Bugey.
Les vins de l'étape
Cette question accompagnait l'étape 5 de notre box « Dans la roue d'Epi-curieux » : Roanne - Bourg-en-Bresse. Voici l'intérieur du dépliant reçu par nos abonnés :

- The Globe, un Chenin du Bugey plein d'énergie, signé Lisanne Van Son et Édouard Gouyette du Domaine des Sonnettes ;
- Panique Générale, un Gamay Saint-Romain juteux et sans soufre des Côtes Roannaises, par Les vins de la Chamaille.
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